La famille Larouche

Une famille très religieuse

Alfred et Éliane se sont connus à l’église. La foi occupe une grande place dans leur vie. Ils ont baptisé leur ferme Santa Maria, en l’honneur de la Vierge Marie. Ils font bénir les semences à chaque printemps. Il y a un crucifix dans chaque pièce de la maison. Ils observent de façon stricte les préceptes de l’église. Leurs enfants fréquentent l’école catholique Saint-Jude à l’intersection de la route139 et du chemin Pinacle Est.

Matin et soir, filles et garçons parcourent à pied plus d’un kilomètre pour s’y rendre, Dans la petite école de rang, l’enseignement de la première à la septième année se fait en français dans une seule classe mixte. Dépourvu d’eau courante et d’électricité, le local est chauffé en hiver par un poêle à bois que l’institutrice alimente tout en accomplissant ses tâches éducatives.

Ecole St-Jude

L'ancienne école Saint-Jude est maintenant une résidence privée.

Au secondaire, les filles sont pensionnaires au Couvent des Sœurs de la Présentation de Marie à Sutton (aujourd’hui la Villa Châteauneuf). Les garçons doivent quitter Sutton pour poursuivre leurs études. 

En 1950, Alfred érige une croix de chemin à l’intersection des chemins Alderbooke et Perkins.  Agnès et Céline racontent :

18a Bénédiction croix cure Rousseau

Bénédiction de la croix de chemin

Croix en 2021

La croix en 2021

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La foi a été d’un grand réconfort pour les parents Larouche dans les moments difficiles  «Je pense que s’ils sont passés au travers, c’est parce qu’ils avaient la foi,» constate Agnès. L’un des pires moments a été la mort de Françoise.

À l’automne de 1943, une épidémie de scarlatine frappe Sutton. La maison des Larouche comme plusieurs autres est placardée pendant que les malades et leur famille sont en quarantaine. Personne n’entre ni ne sort; l’épicier doit laisser la commande sur le perron ; la correspondance doit être stérilisée. Éliane, qui écrit souvent à sa famille et à ses amies, désinfecte lettres et enveloppes avant de les mettre à la poste, en les passant au-dessus d’une vapeur de Lysol.

Six enfants dont Françoise

Malgré ces précautions, le 4 février 1944, Françoise, la deuxième fille de la famille est foudroyée par la maladie à 14 ans. Cette mort a bouleversé Jean et Gaëtan.

 

En avant-plan, Françoise; à ses côtés, de gauche à droite, Agnès, Suzanne tenant Germain, Gaëtan et Jean.

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Le curé lui a administré les derniers sacrements, la chambre des parents a été vidée et elle y a été exposée dans un cercueil. À l’époque, on veillait la personne décédée 24 heures sur 24. Les cultivateurs des alentours sont venus, même ceux qui n’étaient pas catholiques. Les voisines apportaient des sandwichs, des gâteaux, des tartes pour nourrir les visiteurs.

«Après son décès, mon père invoquait Françoise quand il avait des difficultés : «Elle l’aidait à trouver une solution à son problème.»