Le centre John-Sleeth : état de la situation

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la population de Sutton, et plus spécifiquement le milieu culturel, s’interroge sur la nécessité de disposer d’un centre culturel et communautaire digne de ce nom.

La réflexion a été particulièrement intense entre 2008 et 2012 et a donné lieu au dépôt de plusieurs rapports sans doute conservés dans les archives de la Ville mais qui n’ont pas eu de suite¹.

 

Ce que l’on sait

Aucun de ces rapports ne prônait la démolition du centre John-Sleeth. Il était plutôt recommandé de le rénover – et dans l’immédiat, de l’entretenir adéquatement –, voire de l’agrandir par une addition par l’arrière. Certains ont aussi proposé que la Ville s’associe à la Salle Alec et Gérard Pelletier pour doter Sutton d’une salle dédiée aux arts de la scène.

Le caractère patrimonial de l’édifice qui a logé la Sutton Academy pendant quelque 75 ans, était sous-jacent aux recommandations de ces différents rapports.

 

 

Historique d’occupation de l’édifice

La Sutton Academy, dont la construction avait débuté en 1885, a accueilli ses premiers élèves en 1887. Ils quittaient le 2eétage de l’hôtel de ville que le High School Committee  avait loué en 1862 pour offrir une éducation de niveau secondaire aux jeunes de Sutton.

D’abord nommée Sutton Model School, la nouvelle école, qui était à la fois une école élémentaire et une école secondaire, a pris le nom de Sutton Academysix ans plus tard.

En 1922,  trois nouvelles salles de classe sont ajoutées au bâtiment de même qu’une bibliothèque et un local pour les repas. Cette addition, miroir de l’architecture originale, double la capacité de l’édifice.

La construction d’une nouvelle école anglophone sur Highland en 1955 libère l’ancienne Academy, qui avait été rebaptisée  Sutton High School. La Commission Scolaire catholique Davignon l’achète et la convertit en une école élémentaire francophone, l’école Ave Maria.

Depuis 1986, les communautés francophone et anglophone partagent la même école élémentaire sur Highland. L’ancienne Academy a troqué sa vocation scolaire pour une vocation communautaire  Devenue le Centre John-Sleeth, elle abrite aujourd’hui la Bibliothèque Sutton Library, la Maison des Jeunes Le Spot, le Centre d’action bénévole, un jardin d’enfants et la galerie Arts Sutton aménagée dans un gymnase accolé au bâtiment original et probablement construit vers 1960.

 

Intérêt patrimonial

Un inventaire du patrimoine bâti du noyau villageois a été réalisé par la firme Patri-Arch. Même si nous n’avons pas de copie, nous savons que le Centre John-Sleeth s’est vu attribuer la valeur patrimoniale bonne ce qui ne le qualifierait pas pour les programmes de soutien du ministère de la Culture qui exigent une cote supérieure juste au-dessus.

Cela ne diminue en rien le rôle de l’ancienne Academy dans l’histoire de Sutton et pour sa population anglophone, l’importance de sa situation au cœur du noyau villageois dont il est un des édifices phares depuis plus de 135 ans, et la qualité de son architecture originale; en effet, lorsqu’on retranche l’addition du gymnase, un édifice parfaitement proportionné de facture classique apparaît.

 

Ce que l’on ne sait pas

Des informations ont été transmises sous le sceau de la confidentialité aux locataires actuels du centre John-Sleeth qui ont été avisés qu’ils devront avoir quitté les lieux le 21 septembre 2021.

On parle d’une relocalisation temporaire sans  dire quel avenir est envisagé pour le bâtiment : démolition et remplacement, rénovation, agrandissement?

Le diagnostic posé sur la santé du bâtiment de même que les rapports d’ingénierie, d’évaluation patrimoniale ou financière (et autres s’il y a lieu) que détient la Ville n’ont pas été rendus publics. Héritage Sutton a demandé à la Ville en août 2020 de lui remettre une copie des rapports d’ingénierie et d’analyse patrimoniale. La Ville a refusé.

Il n’y a pas eu de consultation publique en règle de la population suttonnaise et aucune n’a été annoncée à ce jour.

À juste titre, de plus en plus de voix se font entendre pour :

  • Réclamer que tous les documents pertinents à une prise de décision soient rendus publics
  • Demander une consultation publique en bonne et due forme.

 

1. Héritage Sutton a dans ses propres archives copie de quatre rapports : celui de la SOGEP (2008), du groupe de travail de Clément Richard (2009), de la Commission de la culture de la Ville (2011) et des consultants bc2fp (2012).