Chapeaux !

La fin du 19e siècle et le début du 20e siècle est un âge d’or pour la chapellerie. L’étiquette impose de ne jamais sortir sans chapeau. Il y a un chapeau pour toutes les occasions au point qu’une dame de la bonne société devait parfois changer plusieurs fois de chapeau dans la même journée selon qu’elle était au jardin, allait magasiner, visitait une amie ou se rendait à une soirée.

La mode s’empare rapidement d’un accessoire vestimentaire aussi omniprésent. Les chapeliers et modistes créent des chapeaux dont l’extravagance fait sourire aujourd’hui. Dans les années 1880 et jusqu’à la première guerre mondiale (1914-1918), les chapeaux prennent du volume et sont ornés d’une surabondance de rubans, tulle, fleurs et plumes. Les plumassiers, qui recueillent les plumes pour en faire des garnitures, sont alors très en demande. On alla même jusqu’à utiliser des oiseaux empaillés comme ornement. L’utilisation de plumes d’autruche sauvage et d’oiseaux morts finit par provoquer une controverse qui a entraîné leur interdiction.

Certains chapeaux sont à ce point énormes qu’on se demande comment ils peuvent tenir sur la tête. Pas étonnant de voir apparaître de longues épingles à chapeau. Certaines pouvaient atteindre 18 pouces (45 cm), ce qui en faisait, blaguait-on, une arme contre les avances masculines importunes.

Héritage Sutton a trouvé dans ses archives photographiques des portraits de femmes avec chapeaux. Bien qu’anonymes pour la plupart, ces femmes témoignent de l’art de vivre à la fin du règne de la reine Victoria et durant celui de son fils, Edouard VII.